L’ostéopathie, d’où elle vient et ce qu’on en sait
Cette page est pour la personne qui veut savoir sur quoi tout cela repose avant de prendre rendez-vous. Elle contient ce que je peux appuyer et ce que je ne peux pas.
D’où vient l’ostéopathie
Andrew Taylor Still, médecin de l’armée de l’Union devenu praticien au Missouri, formule l’ostéopathie en 1874, après avoir perdu trois de ses enfants à la méningite et jugé la médecine de son temps incapable de les aider. Il ouvre son école à Kirksville en 1892.
Son idée directrice n’a rien de mystique et elle tient en une phrase : remonter à la cause plutôt que s’arrêter sur l’effet. Il l’écrit lui-même, en 1910, dans Osteopathy: Research and Practice.
He should never dally with effects but ever go back to the cause which when corrected results in a disappearance of the effect.
C’est-à-dire, dans ma traduction : il ne devrait jamais s’attarder aux effets, mais toujours remonter à la cause qui, une fois corrigée, fait disparaître l’effet. La phrase est à la page 10 du livre, numérisé par la bibliothèque de médecine de Harvard et libre de droits, si vous voulez la lire dans son contexte.
Cette logique explique la longue conversation en début de séance, décrite sur la page à propos. Elle explique aussi pourquoi un ostéopathe s’intéresse à une chute d’il y a quinze ans.
Ostéopathe au Québec, D.O. aux États-Unis
C’est la confusion la plus fréquente, et elle vient des sources en anglais.
Aux États-Unis, un Doctor of Osteopathic Medicine, abrégé D.O., est un médecin à part entière. Il fait quatre ans de médecine, une résidence, il prescrit, il opère, il exerce dans les hôpitaux exactement comme un M.D. Les deux diplômes sont équivalents devant la loi américaine.
Au Québec, un ostéopathe est un thérapeute manuel. Il n’a pas de permis de médecine, il ne prescrit rien, il ne pose pas de diagnostic médical et il n’exerce pas dans le réseau public. Le mot est le même, la fonction n’a rien à voir.
Donc quand une recherche en anglais vous ramène des articles impressionnants sur l’ostéopathie en médecine hospitalière, ils ne parlent pas de ce que je fais.
Où en est la profession au Québec
L’ostéopathie n’est pas encore une profession réglementée. Il n’existe ni ordre professionnel, ni titre réservé, ni programme universitaire obligatoire. N’importe qui peut, aujourd’hui, s’annoncer ostéopathe.
Cela change. Le 25 mars 2026, le gouvernement a annoncé que l’ostéopathie deviendrait la 57e profession réglementée. Le 16 juin, il a précisé que les ostéopathes seraient intégrés à l’Ordre des chiropraticiens du Québec plutôt que de former un ordre distinct. Les règles de transition, l’échéancier et le sort des titres actuels restent à déterminer.
En attendant, ce qui m’encadre est l’adhésion au RITMA : un code de déontologie, des critères d’admission, une assurance de responsabilité professionnelle et un mécanisme de plainte. C’est moins qu’un ordre professionnel, et je préfère l’écrire que de laisser croire le contraire.
Ce que dit la recherche
Trois choses, dans l’ordre de solidité.
Pour la lombalgie chronique, les preuves sont les plus développées. Une revue systématique et méta-analyse de 2026 réunit sept essais et environ 378 participants. Elle rapporte une réduction de la douleur de 1,3 point sur une échelle de 10 comparée à un traitement simulé ou à l’absence de traitement, avec un niveau de certitude qualifié de modéré par ses auteurs, et aucun effet indésirable grave attribué. Ils concluent que l’approche se défend comme complément à faible risque. Trois limites, qu’ils nomment eux-mêmes : c’est un effet à court terme, six semaines au plus, l’échantillon est petit, et 1,3 point sur 10 est une amélioration réelle mais modeste. Référence.
Pour la fibromyalgie, la recommandation de référence ne me met pas au premier rang. La recommandation européenne publiée en 2017 par l’EULAR ne retient qu’une seule approche avec un niveau de recommandation fort, l’exercice physique adapté. Toutes les autres, approches manuelles comprises, y sont évaluées plus faiblement. Référence.
Une technique fait exception, dans un sens précis. Une revue systématique de 2021 accorde au relâchement myofascial un niveau de preuve modéré sur la douleur, le sommeil et la qualité de vie dans la fibromyalgie, sur six études et 279 participants, en comparaison d’un traitement simulé ou d’aucun traitement. Ses auteurs ajoutent qu’il manque des essais comparant l’approche à d’autres soins manuels : personne n’a montré qu’elle fasse mieux qu’une autre paire de mains. Référence.
Ce que j’en retiens, et ce que je vous dirai en séance si vous posez la question : l’ostéopathie a sa place comme complément, à faible risque, avec des effets mesurés qui sont réels et modestes. Pas comme première ligne, pas comme substitut, et pas avec des certitudes que la littérature ne contient pas.
Prendre rendez-vous
Les consultations ont lieu à la clinique Hakini, à Verdun.
Réservation en ligne · GOrendezvous